Qu'est-ce que la HQE ?
La HQE une démarche
La Haute Qualité Environnementale est une démarche globale qui vise à limiter à court et à long terme les impacts environnementaux d’une opération de construction ou de réhabilitation, tout en assurant aux occupants des conditions de vie saines et confortables. Les maîtres d’ouvrage disposent d’un meilleur contrôle de l’acte de bâtir en structurant leur objectif autour de quatorze cibles.
Les « 14 cibles » de la HQE
Maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur
Éco-construction :
- Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat
- Choix intégré des procédés et produits de construction
- Chantier à faibles nuisances.
Éco-gestion :
- Gestion de l’énergie
- Gestion de l’eau
- Gestion des déchets d’activité
- Gestion de l’entretien et de la maintenance.
Créer un environnement intérieur sain et confortable
Confort :
- Confort hygrothermique
- Confort acoustique
- Confort visuel
- Confort olfactif.
Santé :
- Qualité sanitaire des espaces
- Qualité sanitaire de l’air
- Qualité sanitaire de l’eau.
Des objectifs liés entre eux
14 cibles au total, 7 pour l’environnement et le confort des occupants, et 7 pour l’environnement en général. Des cibles qui se recoupent souvent : le choix des matériaux contient un volet énergie, n’est pas neutre pour le nettoyage et l’entretien, peut avoir un impact sur l’acoustique et l’hygiène du milieu. L’énergie est présente dans les économies de fonctionnement, dans les choix d’implantation (orientation, compacité du bâtiment), l’éclairage, la qualité de l’air, l’acoustique, etc. Ces cibles vont parfois bien ensemble, mais encore faut-il y penser. L’isolation thermique peut être bénéfique pour l’acoustique, mais ce n’est pas toujours le cas, cela dépend des techniques retenues. Parfois, les objectifs visés sont antagonistes : renouvellement d'air et économies d’énergie par exemple. C’est à la maîtrise d’œuvre de proposer des solutions qui peuvent tenir de la performance technique (comme des vitrages très peu émissifs), ou de l'organisation des espaces et de la conception d’ensemble. Il y a parfois des arbitrages à réaliser, en fonction de priorités que le maître d’ouvrage aura définies.
La démarche HQE met en évidence les choix à faire, et propose une méthode de gestion des projets pour que ces choix raisonnés soient faits dans les meilleures conditions possibles : c’est le management de projet.
La HQE évolutive
La capacité à évoluer, à s’enrichir de la pratique, est un des points forts de la démarche HQE, pour ne pas dire sa qualité première. Il serait bien présomptueux d’affirmer avoir répondu à la question très générale de l’intégration de l’environnement dans un bâtiment, en considérant son cycle de vie, et avec les souhaits de ses occupants, eux-mêmes en constante évolution. C’est une formule ouverte qui est nécessaire, qui puisse capitaliser et progresser. C’est la force de la grille des « 14 cibles » d’offrir aussi le cadre de l’analyse de ces retours d’expérience, cadre fédérateur des initiatives prises par l’ensemble des acteurs. Il y a bien sûr bien d’autres manières de « faire de l’environnement » sur un bâtiment, mais si chacun le fait à sa manière, il sera bien difficile de progresser ensemble. L’existence d’une formule gérée en commun par les principales familles d’acteurs, et qui, malgré les débats qu’elle suscite, rencontre un minimum d’agrément, est un atout qu’il convient de valoriser. La HQE est une dynamique collective.
HQE et énergie
La lutte contre l'effet de serre et le contexte énergétique actuel donnent un caractère stratégique à la performance énergétique. L'énergie est présente dans la plupart des aspects de la démarche HQE, que ce soit dans l'implantation, le choix des matériaux, les consommations pour le chauffage, l'eau chaude et la cuisine, mais aussi, et indirectement, dans le confort hygrothermique, la qualité de l'air, le confort visuel, acoustique. L'énergie est donc une préoccupation bien présente dans la démarche HQE, mais elle n'est pas isolée des autres paramètres. Dans la conception même de la démarche, l'héritage du mouvement bioclimatique est très présent, mais le souvenir des limites des approches monocritères aussi. La performance énergétique a été parfois obtenue au détriment d'autres qualités, comme le confort visuel (petites fenêtres) ou la qualité de l'air intérieur (ventilation insuffisante). La démarche HQE propose une vision d'ensemble, ce qui n'empêche nullement de se fixer des objectifs ambitieux sur l'énergie, lesquels doivent ainsi « tirer » la qualité d'ensemble. Des labels spécifiques sur l'efficacité énergétique peuvent parfaitement se combiner avec la démarche HQE, notamment quand elle fait l'objet d'une certification.
HQE et certification
La certification n’est pas une obligation : c’est un outil à disposition des acteurs, auxquels ils auront recours quand ils en sentiront le besoin.
Il faut noter que la HQE, même certifiée, n’est pas synonyme de qualité totale, notamment de qualité architecturale, dont elle n’est qu’une composante. Le certificat donne des informations précieuses et solides, c’est une aide substantielle à la compréhension et à la décision, mais il ne se substitue pas à l’intelligence du maître d’ouvrage, ni à l'art de l'architecte, ni à la compétence et au professionnalisme des ingénieurs et des constructeurs.
Important :
Les quelques explications qui vous sont données ci-dessus ne sont pas exhaustives et non pas pour but de vous apporter toutes les réponses à la définition exacte de la HQE, mais de vous permettre d’avoir une première approche sur les critères de cette démarche.